Dimanche 20 août 2006
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20:40
Par Katagena
Aujourd'hui je n'arrive pas à écrire. Pas de poésie. Trop violent pour mes états d'âme actuels.
Non, aujourd'hui, après une journée plutôt maussade (la malédiction du rang 5 qui s'éternise), j'ai à peine mis le nez dehors que je vais étrangement bien. Tout est tellement beau ! Et allez savoir pourquoi, j'ai envie de partager toute cette beauté. Des bonheurs tout simples, mais oh ! combien intenses...
La lumière d'une fin d'après midi ensoleillée sur le Cher un peu bas... Les couleurs. Les reflets, qui font croire à nouveau aux sirènes lorsqu'ils jouent sur les bancs de sable.
Un simple rocher qui dépasse, là... tout autour, des ondulations qui se jettent contre lui. Oh ! Quelle harmonie ! Dire qu'on passe à côté tous les jours sans la voir.
Les mouettes qui nagent dans le courant. Voilà, encore cette envie de rire.
Et ce vent ! Oh ! Que c'est bon, respirer à pleins poumons ! L'air qui me fouette le visage, et qui fait rire les arbres. Un bref instant, je suis convaincue qu'il y a des fées qui jouent dans les hautes herbes... Toute cette beauté, où donner de la tête ?
Une beauté sereine, apaisante, rien à voir avec celle que j'aime sentir s'insinuer en moi avec une violence calculée, non .... ce n'est pas la beauté extatique des mots, ni celle, obsédante, de la musique. C'est celle que l'on cherche à atteindre toute sa vie. Et là, assise sur les ruines d'un vieux pont, j'ai l'impression d'en faire partie. Comme si toute cette harmonie rejaillissait sur moi. Là, sans bouger, j'ai la sensation d'être exactement là où je dois être. Comme si j'appartenais enfin à la vie, comme si je n'étais pas une erreur.
J'ai envie de rire, de sourire au monde, d'aller dans la rue, de hurler aux gens de vivre, tout en les serrant contre moi !
Une jolie blonde qui me sourit, et je gravis encore un barreau sur l'échelle de l'humeur.
Un lapin qui gambade un peu plus loin... rien de transcendant, là encore, et comment pourriez-vous comprendre cette vague euphorique qui me submerge ? Chaque détail est exactement là où on l'attend. Ni plus, ni moins. Peut-être que je rêve, tout simplement.
Et voilà que je pleure. Allez comprendre !
Au retour, des yeux intenses me lancent un regard empreint d'ailleurs. Mais la magie est cassée, et je ne fais qu'éclater en sanglots. Incompréhension. Je ne dois pas être d'ici, les illusions sont éphémères.
Il doit y avoir quelqu'un ailleurs (demain, hier ?), qui me cherche, à qui je manque...
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